Anticoagulants et FA : 1 patient sur 5 arrête son traitement

La CNAM a diffusé hier les résultats d’une étude réalisée à partir de données françaises Sniiram/PMSI. L’adhésion aux traitements anticoagulants reste globalement très insuffisante en France. Malgré leur maniement plus facile, les AOD (anticoagulants oraux d'action directe) ne font pas mieux que les AVK en matière d’adhésion au traitement.
L’étude de la CNAM a porté sur près de 35 000 patients ayant débuté un traitement par anticoagulant pour une FA (fibrillation atriale) non valvulaire au premier semestre 2013. Les auteurs ont mesuré les taux d’arrêt et comparé les résultats des différents anticoagulants entre eux (warfarine, coumadine, fluindione, dabigatran ou rivaroxaban). L’apixaban qui n’était pas encore disponible en France, n’est pas concerné.
Dans la première année suivant le début du traitement, un patient sur cinq stoppe son traitement pendant au moins 60 jours, tous anticoagulants confondus. Cette fréquence atteint même un patient sur trois si l'on inclut les sujets qui changent de classe thérapeutique.
Par ailleurs, « les résultats de la comparaison des taux d’arrêt entre nouveaux utilisateurs d’AOD et d’AVK suggèrent que l’adhésion au traitement AOD n’est pas meilleure qu’avec le traitement AVK » indique la CNAM dans un communiqué qui accompagne l’étude.
Un contact moins fréquent des patients avec le système de soins en l'absence de suivi INR pourrait expliquer ces résultats. Des événements indésirables tel que les effets gastro-intestinaux rapportés avec le dabigatran auraient également joué un rôle.
L'efficacité des AOD comme celle des AVK étant subordonnée à une prise régulière du traitement, du fait notamment d'une demi-vie courte, la non-continuité du traitement est associée à un risque accru de thrombose artérielle, rapportent les auteurs.
Face à ce constat, la Société française de cardiologie et la Cnam sensibilisent les prescripteurs, les engageant à discuter avec les patients notamment ceux traités par AOD pour lesquels un suivi biologique n’est pas nécessaire. Comprendre les raisons de l’arrêt incluant la recherche d’effets indésirables hémorragiques ou pas, doit conduire à mettre en place des actions pour améliorer l’adhésion au traitement.

Source : Le Généraliste 13/09/2018
Commentaire
LE MOIGNE bernard
14/09/2018
Trop de prescripteurs "facilitent" le confort des patients en leur prescrivant de l'aspirine en remplacement des autres anticoagulants AOD et AVK. Ils méconnaissent les risques réels et ne les communiquent pas suffisamment à leurs patients qui préfèrent le confort à la sécurité ! et pourtant les risques de thromboses artérielles existent bel et bien ! (pharmacien-biologiste traité par AVK)
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