Les grossistes veulent aussi être payés au forfait

Les pharmaciens ont déjà obtenu des rémunérations déconnectées du prix de la boîte de médicaments et les grossistes-répartiteurs en demandent autant.
« Nous sommes la pharmacie des pharmacies. » soutient Emmanuel Déchin, délégué général de la Chambre syndicale de la répartition pharmaceutique (CSRP).
Comme les pharmaciens, les grossistes souffrent de la politique de réduction des dépenses de médicaments qui grignote leurs marges et espèrent des mesures en leur faveur dans le prochain budget de la Sécurité sociale. A ce jour, ils sont autorisés à prélever 6,68 % du prix de la boîte distribuée, avec un plancher de 30 centimes et un plafond de 30 euros et n'ont aucun moyen de compenser les baisses tarifaires, d'autant que les génériques sont de plus en plus diffusés avec de gros volumes et des prix réduits. Les entreprises ne font quasiment plus de bénéfices depuis cinq ans. La marge réglementée a chuté de 239 millions d'euros entre 2008 et 2016, et en y ajoutant l'effet des augmentations de charges, le manque à gagner frôle 300 millions sur la même période, selon la chambre syndicale.
Dans son rapport sur la Sécurité sociale en septembre dernier, la Cour des comptes a estimé que les grossistes avaient supporté deux tiers de la baisse des marges réglementées entre 2007 et 2015. En 2015, ils ont rétrocédé aux officines 223 millions de leur marge réglementée sur les médicaments génériques, pour les convaincre de ne pas se fournir en direct auprès des laboratoires. Certains pharmaciens ont toutefois acheté leurs génériques chez le producteur et touché 90 millions de marge de gros à ce titre. Hors de question pour les grossistes-répartiteurs de demander un meilleur partage du gâteau aux pharmaciens. La CSRP a préféré demander au gouvernement d'introduire un forfait à la boîte. Ce forfait coexisterait avec une marge indexée sur les prix pour les médicaments non-génériques. Pour les génériques, la chambre souhaiterait au minimum 60 centimes par boîte. Par ailleurs, le syndicat demande un forfait de 50 centimes sur les médicaments thermosensibles et les stupéfiants, afin de compenser des coûts de distribution spécifiques. Enfin, la CSRP plaide pour supprimer une taxe sur les génériques qui coûte 40 millions d'euros aux grossistes.

Source : Les Echos 30/07/2018
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