L’Académie de médecine tranche sur la polémique autour des statines

Avec la publication du rapport  « Efficacité et effets indésirables des statines : évidences et polémiques », l’Académie de médecine a souhaité faire le point sur l’efficacité de ces médicaments et couper court à dix ans de polémique et de crise de confiance du grand public.
Le rapport risque-bénéfices des statines a été mis en doute, au regard notamment de leurs effets musculaires. Chez 5 à 10 % des patients, les statines provoquent des atteintes musculaires souvent bénignes, mais qui peuvent parfois justifier l’arrêt du traitement.
« Cette défiance croissante a permis l’émergence sur la scène publique, et notamment dans les médias de masse (télévisions, radios, presse), de nombreux acteurs qui – en dépit de leur absence d’expertise avérée dans les champs concernés – se caractérisent généralement par des prises de positions radicales ou polémiques sur la plupart des questions de santé » dénoncent les auteurs du rapport. « Enfin, il faut souligner que les réseaux numériques et les médias sociaux ont joué un rôle majeur dans la multiplication de ces controverses dans l’espace public ».
Le rapport distingue, en fonction des études récentes parues sur le sujet, les situations où la prescription de statines se justifie. C’est le cas, sans aucune ambiguïté, en prévention secondaire, pour prévenir une récidive chez les patients ayant déjà eu un AVC ou un infarctus. Dans cette situation, le bénéfice des statines « est très important et sans commune mesure par rapport aux effets secondaires rapportés », tranche l’Académie. En prévention primaire, la situation est plus contrastée mais reste assez claire. Chez les patients à haut risque ou à très haut risque, les statines sont « indispensables » et leur bénéfice « majeur » indiquent les auteurs. L’intérêt des statines n’est en revanche pas évident dans le faible risque, et doit être évalué au cas pour cas dans le risque intermédiaire.
Le risque cardiovasculaire dépend de nombreux facteurs – âge, poids, diabète, taux de cholestérol, antécédents, tabagisme, pression artérielle. Il est évalué par le cardiologue préalablement à toute prise en charge. En tout état de cause il importe de ne jamais arrêter les statines de sa propre initiative. « L’interruption intempestive du traitement peut avoir des effets désastreux », soulignent les auteurs du rapport.

Source : Pourquoi Docteur 26/05/2018
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