Les pharmaciens sont-ils toujours indépendants ?

Au cours des Rencontres de l’Officine, ce weekend à Paris, les nouveaux modèles économiques de l’officine ont fait l’objet d’échanges visant à déterminer le degré l’indépendance des officinaux et son évolution. Finalement les différents modèles possibles, intégrés, semi-intégrés, coopératifs, indépendants… existent depuis un certain nombre d’années et en l’absence de vision européenne de la santé intégrée, l’ouverture du capital n’est-elle pas une arlésienne ? Comme d’autres secteurs, la pharmacie évolue dans un système hyper complexe où les facteurs règlementaires constituent des facteurs de dépendance en soi comme l’étaient et le sont les décisions des associés ou les relations aux banques. Au-delà de la question de la transmission, celle de l’indépendance n’est-elle pas un faux problème ? La vraie question ne resterait-elle pas celle de l’aide à l’installation ? Trouver un modèle en bonne adéquation avec son projet nécessite un accompagnement par des professionnels et les jeunes pharmaciens ne s’y trompent pas. L’indépendance du jeune installé ne passerait-elle pas avant tout par les nouvelles missions et les contrats avec les répartiteurs et génériqueurs facteurs importants des finances de la pharmacie ? A titre d’exemple, OCP a lancé il y a un an INITIO, un service complet à l’installation intégrant notamment un simulateur pour mieux définir sa cible, une recherche d’officines grâce à des petites annonces, une étude géomarketing et un plan de financement prévisionnel. Ce dispositif s’accompagne d’un prêt sur 5 ans en doublement de l’apport personnel pouvant aller jusqu’à 300K euros en partenariat avec Interfimo/LCL et d’un contrat d’approvisionnement préférentiel sur 5 ans avec OCP. Considéré comme un apport personnel par la banque, le prêt OCP est aussi une garantie d’indépendance du pharmacien. 15 dossiers sont déjà en cours de reprise avec un coût d’adhésion de 980 euros pour sécuriser son acquisition.  

Source : Rencontres de l’Officine 11/01/2018
Commentaire
Gentilini Pierre
13/02/2018
Quelle usine à gaz ! Dans un contexte où la rentabilité d'une officine est de plus en précaire faute de continuer à protéger les labos en plafonnant les remises sur les achats des médicaments en directs et diminuant sans cesse le prix des médicaments et la marge brute. Nous nous retrouverons bientôt sous la coupole de grands groupes ( grossistes, groupements, pharmaciens ayant des parts sociales dans plusieurs pharmacies...) qui seront à la tête de pharmacies ou les titulaires actuelles seront de simples gérants. Pour y arriver "on aidera" les jeunes pharmaciens à s'installer, encore faut-il qu'ils continuent de s'intéresser à la filière officine chronophage, contraignante sur le plan de la législation et de moins en moins attrayante sur le plan financier. Encore une fois la solution qui n'a jamais été envisagée serait de faire jouer la concurrence entre les labos (comme principe de base de tout commerce) en levant les remises plafonnées, en autorisant les achats groupés et les rétrocessions entre confrères pharmaciens. Le scandale actuel est de faire payer au citoyen l'indemnité de délivrance qui permet de compenser la chute des prix des médicaments et surtout d'éviter de vendre à perte. Nos énarques et législateurs sont décidément formidables.
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