L’engouement des CSP+ pour les compléments alimentaires

La demande de gélules pour le bien-être explose en France. Cet usage, qui s’inscrit souvent dans une démarche d’automédication, concerne surtout les classes supérieures qui en ont pourtant le moins besoin. Les « CA », ces comprimés condensés de vitamines, de minéraux ou de plantes, utilisés pour « compléter le régime alimentaire normal » afin d’obtenir « un effet nutritionnel ou physiologique » (selon la directive européenne de juin 2002), semblent être devenus le remède à tout et devraient continuer en 2018, leur percée sur le marché français qui a déjà doublé son nombre de clients en dix ans. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), 29 % des adultes (18-79 ans) auraient consommé au moins un complément alimentaire durant ces douze derniers mois en France, les premiers consommateurs étant les personnes « les plus diplômées ». Selon l’étude menée par l’Anses intitulée « INCA3 » publiée en juillet, cette catégorie d’individus compte deux fois plus d’acheteurs que les personnes ayant au mieux « un niveau d’études collège ». D’après cette enquête toujours, les femmes sont également particulièrement concernées avec + 12 points par rapport aux hommes.
Ce marché pèse aujourd’hui 1,62 milliard d’euros en France, soit 30 milliards de dollars de moins qu’aux Etats-Unis, où les CA sont désormais consommés par plus de la moitié de la population. A ce jour, les clients choisissent avant tout des remèdes bien-être plutôt que des produits « beauté ». D’après les derniers chiffres officiels de Synadiet, le syndicat national des compléments alimentaires, 17 % des utilisateurs de CA veulent des résultats sur leur vitalité, 15,5 % une amélioration sur leur transit et 15 % des changements sur leur humeur et leur sommeil. 

Source : Libération 03/01/2018
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