Levothyrox : un juge toulousain se rend dans une pharmacie

Lors de la première audience civile en France dans l'affaire du Levothyrox, un juge toulousain s'est « transporté », suivant l’expression utilisée dans les médias, dans une pharmacie pour constater l'absence de l'ancienne formulation. 
90 patients ayant ressenti des effets secondaires de la nouvelle formulation du Levothyrox ont demandé au juge des référés d'ordonner au laboratoire Merck de leur fournir en urgence l'ancienne formule. Leur avocat Me Levy a détaillé de lourds effets secondaires sur l'humeur, des problèmes gastriques, des troubles du sommeil chez ces utilisateurs de la nouvelle formulation et déploré le manque d'information des patients, ajoutant que l'ancienne formule était toujours disponible dans les officines en Espagne, en Allemagne ou en Italie.
De son côté, l'avocat du laboratoire, Me Antoine Robert, a estimé que la juridiction civile toulousaine n'était pas compétente pour statuer sur la fourniture d'un médicament qui ne dispose plus d'AMM, a souligné que la nouvelle formule avait été exigée par l'Agence du médicament et s'est donc dit « surpris que l'action ne soit pas menée contre l'Agence du médicament », responsable selon lui de la situation. Il a enfin affirmé que depuis début octobre, conformément à la demande du ministère de la Santé, l'Euthyrox, d'une formulation identique à celle du Levothyrox, était disponible en pharmacie. « Il reste 25% des 198 000 boites mises sur le marché », a-t-il précisé. Devant les protestations de plusieurs dizaines de plaignants présents au tribunal, le juge des référés s'est rendu dans une pharmacie voisine du palais lors d'une suspension de séance, muni d'ordonnances médicales portant prescription du Levothyrox.
Le juge a pu constater, comme l'affirmaient les requérants, que ni ce médicament, ni un produit similaire du laboratoire Sanofi, n'était disponible, l'officine n'ayant plus qu'une boite d'Eurothyrox 75 en stock. Les pharmaciennes ont cependant souligné que les patients qui avaient reçu ce médicament en octobre avaient obtenu l'équivalent de 3 mois de traitement.

Sources : Sciences et Avenir, le Télégramme 08/11/2017
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