La HAS dénonce un mauvais usage des antidépresseurs

Une personne sur cinq souffre au cours de sa vie d'un épisode dépressif et pourtant la prise en charge de la dépression n'est pas satisfaisante en France, selon la Haute autorité de santé (HAS) qui relève, entre autres, un « mauvais usage des antidépresseurs ».
« Même lorsque la dépression est correctement diagnostiquée, on observe souvent un mauvais usage des antidépresseurs, trop souvent prescrits pour des dépressions légères, pas assez dans des dépressions sévères, ou délivrés sans psychothérapie ni suivi ».
La HAS rappelle que le recours aux antidépresseurs doit être limité à certains cas, suivi et associé à une psychothérapie. Les antidépresseurs ne sont pas indiqués pour les dépressions légères, mais doivent en revanche être prescrits d'emblée dans les formes sévères. Des consultations régulières toutes les 4 à 8 semaines sont recommandées pour évaluer la tolérance et l'efficacité du traitement, le moduler si besoin, et surveiller d'éventuels comportements suicidaires ou des facteurs extérieurs pouvant les déclencher.
Une fois les symptômes disparus, le traitement médicamenteux devra être poursuivi entre 6 et 12 mois pour prévenir le risque de rechute. L'arrêt « progressif » doit être accompagné par le médecin. « Quel que soit le niveau de dépression, la prise en charge repose en premier lieu sur une assistance psychologique » qui peut tout à fait être conduite par le médecin traitant, par un psychologue ou un psychiatre pour les cas complexes et/ou sévères notamment, ajoute la HAS qui vient de publier des recommandations pour aider les médecins généralistes, acteurs de première ligne pour détecter cette maladie. Les personnes âgées ou en deuil et les femmes qui viennent d'accoucher doivent faire l'objet d'une vigilance particulière. 

Source : Challenges 08/11/2017
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