Innovation et économies au programme de l’Assurance-maladie

Dans son rapport annuel, la CNAM propose de créer un fonds dédié à l’innovation organisationnelle idéalement doté d’au moins 1 milliard d’euros. Il rémunérerait transitoirement les établissements et les professionnels de santé engagés dans des expérimentations à grande échelle de nouveaux parcours de soins, afin de sortir de la rémunération à l'acte et des silos médicaux. Gouverné en partenariat avec les autres acteurs de santé, ce fonds devrait idéalement être doté d'au moins 1 milliard d'euros pour se comparer au Transformation fund britannique (environ 2 milliards de livres par an) ou aux Centers of innovation américains (10 milliards de dollars sur neuf ans).
Par ailleurs, l’Assurance-maladie est prête à piloter 2 milliards d’économies en 2018 à effectuer sur le montant de la progression « spontanée » des dépenses d'assurance-maladie. Sachant que la tendance en 2018 sera un peu au-dessus de 2017, l'augmentation hors mesures de maîtrise des coûts devrait dépasser 8 milliards d'euros en un an, pour un budget total proche de 200 milliards. Sur les plus de 4 milliards d’économies d’ores et déjà prévues par le gouvernement, l'Assurance-maladie en assurerait près de la moitié grâce à un travail étroit avec les agences régionales de santé. Sur les 2 milliards d'économies de 2018, 210 millions d'euros s'expliquent par un changement de périmètre, la CNAM ayant décidé de comptabiliser les actions de lutte contre la fraude parmi les économies. Pour le reste, la maîtrise des prescriptions de produits de santé demeure le principal poste de réduction de coûts : 750 millions, hors négociations sur le prix des médicaments. Ces coupes proviendront du développement des génériques et des biosimilaires (plus de 100 millions), de la limitation des interactions médicamenteuses (100 millions), etc. 100 millions d'économies sont prévus sur  les dispositifs médicaux soit le double des coupes programmées pour 2017. Par ailleurs, la Caisse estime qu'il reste de bonnes marges d'amélioration de la performance via la diminution du nombre de nuits passées à l'hôpital. Enfin, le « bon usage » des remboursements : transports sanitaires, arrêts de travail, augmentation de 10 % du nombre de factures contrôlées auprès des pharmaciens, infirmiers, transporteurs, kinés… devra rapporter 510 millions d'euros. 


Source : Les Echos 29/06/2017
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