Previscan, un risque immuno-allergique accru

Les AVK (Anti-vitamines K) sont souvent pointés du doigt pour leurs effets indésirables d’ordre hémorragique mais des effets secondaires de type immuno-allergique peuvent aussi être observés notamment avec la fluindione (Previscan). C’est ce que rappelle l’ANSM dans un point d’information publié lundi. Ces effets surviennent le plus fréquemment au cours des 6 premiers mois de traitement avec une fréquence et une nature variable en fonction du type d’AVK. Selon une enquête de pharmacovigilance réalisée par le Centre régional de pharmacovigilance de Lyon, l’utilisation de la fluindione est associée plus fréquemment que la warfarine et l’acénocoumarol à la survenue d’atteintes immuno-allergiques, rénales, hépatiques, hématologiques ou cutanées, même si ces manifestations restent globalement rares.
Pour ces raisons, l’ANSM invite les professionnels de santé à privilégier la prescription d’AVK de la famille des coumariniques lors d’une initiation de traitement et à prêter une attention particulière au risque immuno-allergique au cours des 6 premiers mois d’un traitement par fluindione. En revanche, compte tenu des risques liés au changement de traitement, la poursuite du traitement par fluindione, chez les patients traités par cette molécule depuis plus de 6 mois et bien équilibrés, peut être privilégiée. Chez les patients ayant débuté un traitement par fluindione depuis moins de 6 mois, la fonction rénale doit être surveillée régulièrement ainsi que tout signe pouvant évoquer un effet indésirable immuno-allergique de type cutané, hépatique ou hématologique. Le rôle potentiel de la fluindione doit être évoqué en cas d’altération de la fonction rénale et/ou du bilan hépatique, d’apparition d’une neutropénie brutale ou de manifestations cutanées. En cas de confirmation de l’atteinte immuno-allergique, le traitement par fluindione doit être rapidement et définitivement interrompu. La mise en place d’une corticothérapie peut être envisagée et la fluindione devra être remplacé par un autre anticoagulant oral. L’évolution est généralement favorable après l’arrêt précoce du traitement et la mise en place d’une corticothérapie mais chez certains patients, une altération de la fonction rénale peut persister avec l’apparition d’une insuffisance rénale chronique ou l’aggravation d’une insuffisance rénale chronique préexistante. Ces séquelles sont généralement observées en cas de retard au diagnostic et d’arrêt tardif de la fluindione.
 
Source : ANSM 19/06/2017
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