Lutte contre l’antibiorésistance : le rôle clé des hôpitaux

Une étude de la Johns Hopkins publiée dans le JAMA Internal Medicine menée auprès de 1 488 patients adultes ayant reçu une prescription d’antibiotiques pour diverses raisons (traumatismes, maladies chroniques) met en avant que 20% des effets indésirables liés à ces prescriptions (anomalies gastro-intestinales, rénales et sanguines majoritairement) concernent des patients pour lesquels la prescription d’antibiotiques ne se justifiait pas. Tous les patients inclus dans l’analyse, menée grâce à leurs dossiers électroniques, avaient reçu au moins 24 heures d’un traitement antibiotique et ont été suivis pendant 30 jours après leur décharge. Si aucun décès n'a été attribué aux effets secondaires de l’antibiothérapie prescrite, les chercheurs estiment que 24% des patients ont dû prolonger leur hospitalisation en raison de ces effets secondaires dont 3% qui ont dû être réhospitalisés, 9% faire appel à un service supplémentaire d'urgence ou à la visite d’un médecin. D’autre part, 61% ont dû avoir recours à des tests diagnostiques supplémentaires. 
Au total, 19% des antibiotiques prescrits n’étaient justifiés par aucune infection bactérienne, signant leur inutilité clinique. Cette situation apparaît dans un contexte où l’hôpital Johns Hopkins propose aux praticiens un programme de gestion de la prescription d’antibiotiques, laissant donc présager une sous-estimation des effets indésirables associés aux antibiotiques dans le cadre de cette étude. 
Si la vigilance est de mise en ville, ces données rappellent que l’hôpital joue également un rôle essentiel dans la lutte contre l’antibiorésistance et que les antibi​otiques sont loin d’être anodins. 

Source :  JAMA Internal Medicine Juin, 2017
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