La Dépakine® oui mais Dépakote® aussi

Un article publié par Franceinfo.fr mardi 20 juin nous rappelle que les mères épileptiques ne sont pas les seules victimes de l’acide valproïque. Presque autant de patientes bipolaires ont été traitées par Dépakote® « un médicament dans lequel on retrouve la même molécule, avec les mêmes effets secondaires et les mêmes risques sur le fœtus ». 
Si les risques de malformations associés à l’acide valproïque comme le spina bifida sont connus depuis le milieu des années 1980, une partie de la communauté médicale et notamment les psychiatres « a eu du mal à se mettre à jour » sur le sujet comme cela a été révélé par un audit de l’AP-HP entre 2014 et 2016. « Alors que les prescriptions d’acide valproïque chutent de 16,6 % du côté des neurologues, elles ne baissent que de 9,4% chez les psychiatres ».
Ce n’est pas pour rien que l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a mis en place au cours des derniers mois toute une série de documents, nous rappelle le quotidien. Une brochure destinée aux patientes explique les risques, un accord de soins doit être signé par le médecin et par la patiente et un document équivalent informe le prescripteur des risques. 
Pour Marine Martin, par qui le scandale de la Dépakine est arrivé, trop de patientes bipolaires ignorent encore les risques qu’elles ont fait courir à leur bébé avec un traitement par Dépakote®. Avec son avocat, Marine Martin prépare une "Class Action", une plainte collective contre le laboratoire Sanofi et son association l’Apesac portera la voix de toutes les victimes de traitements par Dépakine® ou Dépakote®. Sur environ 2 000 dossiers, une quinzaine seulement concerne des plaignantes bipolaires. En attendant le procès, l’Apesac peut se satisfaire d’une première victoire, celle d’avoir obtenu depuis le 1er mars 2017, qu’un logo indique sur toutes les boites de Dépakote® et Dépakine® le danger que représente l’acide valproïque en cas de grossesse. 

Source : France Info 20/06/2017
Commentaire
lamarche jean
23/06/2017
Je trouve cette affaire exemplaire mais pas dans le bon sens du terme. Elle met en évidence les failles de notre système de soins et chaque fois qu'il faut bricoler en rajoutant un logo visible sur l'emballage, c'est déresponsabiliser un peu plus les médecins et les pharmaciens et tendre vers la distribution par des automates; Il y avait pourtant des choses simples à mettre en place comme par exemple Rendre obligatoire l'information femme enceinte sur toute ordonnance faite par un prescripteur informé de ce fait Rendre obligatoire sur l'ordonnance de n'importe qu'elle femme en age de procréer l'information ''stopper le traitement si vous souhaitez avoir un enfant'' Responsabiliser le pharmacien par un retour informatique signalant que son équipe et lui -même ont bien noté l'information et leur indiquer qu'ils sont tenus de poser les questions aux patientes concernées qui se présentent. Ce sont des cas si graves et assez rares que aucun excès de prudence ne peut être critiqué De toutes façons si nous ne prouvons pas notre utilité notre profession telle que nous l'avons connu disparaitra.
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