Génériques : le Trésor veut faire encore plus d'économies

Depuis plusieurs années, la stratégie de substitution de génériques aux molécules dites « princeps », après la tombée du brevet de ces dernières, a permis à l'Assurance-maladie de réaliser d'importantes économies. Quand un médicament est « génériqué », la copie doit obligatoirement être vendue pour 40 % du prix du princeps (hors remise du pharmacien) et le laboratoire qui fabrique le princeps doit abaisser son propre prix à 80 % du tarif antérieurement pratiqué. 
Mais la direction du Trésor se demande si ce modèle n'est pas en train d'atteindre ses limites. En effet, le marché français présente un très bon taux de substitution, alors que la part des génériques dans la consommation de médicaments est 1,6 fois inférieure à la moyenne des autres pays de l'OCDE. En médecine de ville, ces copies ne pèsent qu'un tiers des dépenses de médicaments remboursables.
Pour relancer la dynamique, plusieurs pistes d'économies sont proposées par la direction du Trésor, permettant des gains financiers jusqu’à 1 milliard d’euros. Une baisse plus importante du prix du princeps dès l'arrivée du premier générique et la mise sous TFR systématique de tous les groupes génériques au bout de trois ans sont envisagées. Une autre proposition consiste à fixer le prix des produits sur la base du TFR le plus bas des médicaments de même molécule et non plus seulement de même groupe générique, dès trois ans après la chute du brevet. Le Trésor suggère encore de limiter les baisses de prix pour les génériques plus coûteux à produire. 
En dehors de ces mécanismes autour du prix des médicaments, le Trésor propose également de renforcer l'obligation de prescrire une molécule plutôt qu'un médicament spécifique, en contrôlant les logiciels médicaux et les médecins. La part des génériques devrait aussi apparaître clairement dans les primes des libéraux (ROSP) et les dotations des maisons de santé.
Enfin, la Direction du Trésor demande la mise en place rapide d'un cadre de développement des médicaments biosimilaires, en donnant un rôle central aux médecins plutôt qu’aux pharmaciens. La substitution aux médicaments biologiques est d'ores et déjà possible, mais uniquement lorsque le patient n'a pas encore été traité par le passé. Treize des vingt médicaments les plus vendus sont des biologiques. Mais les biosimilaires font moins baisser les prix que les génériques...

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Source : Lettre Trésor-Eco 06/2017
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