Codéine : les pharmaciens appelés à la vigilance

Des signalements d'utilisation de la codéine par les adolescents pour un usage récréatif inquiètent l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) qui réfléchit aux leviers juridiques et réglementaires pour en limiter l’accès.
Les spécialités à la codéine sont aujourd'hui disponibles en vente libre en France sous forme de sirops contre la toux et en comprimés si la dose ne dépasse pas 30 mg par comprimé. 
Antidouleur de la même famille que l'opium, la molécule est transformée en morphine sous l'action d'enzymes présents en quantité variable dans l'organisme du patient, .
L'ANSM a reçu les premiers signalements d'usage détourné de ce type en 2013. En 2016, elle alertait sur une nette augmentation de demandes de délivrance suspectes rapportées par des pharmaciens d'officine mais aussi de cas de dépendance ou d'abus ayant pu conduire à une hospitalisation. L'agence mettait alors en garde en particulier contre la "mode" du "Purple Drank", un mélange de sirop pour la toux à la codéine, de prométhazine (antihistaminique aux propriétés sédatives) et de soda.
D'autres cas portent sur le détournement de comprimés de médicaments antidouleur associant paracétamol et codéine (Codoliprane, Klipal, Padéryl, ...), facilement accessibles du fait de leur faible coût (2 à 3 euros la boîte).
Depuis le début de l'année 2017, l'ANSM a reçu cinq signalements d'utilisation abusive de codéine chez des mineurs, dont deux ayant entraîné des décès, sans que ces chiffres soient exhaustifs. En 2016, l'agence avait comptabilisé une quinzaine de signalements, dont deux ayant nécessité une hospitalisation.
L'ANSM lancera dans les prochains mois une étude spécifique sur ce phénomène auprès des pharmacies et des services d'urgence pédiatriques pour préciser ces types d’usage détournés et leurs conséquences sanitaires renouvelant ainsi l'appel à la vigilance des pharmaciens, qui peuvent refuser une vente quand ils jugent que la délivrance du médicament peut avoir des conséquences sanitaires, et sensibiliser les professionnels de santé en contact avec les jeunes et les enseignants.

Source : France Info 12/06/2017 
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