L’UNPF et l’ADIP en guerre contre les fonds spéculatifs

A l’initiative de l’Association de Défense de l’Indépendance de la Pharmacie (ADIP) et de l’Union Nationale des Pharmacies de France (UNPF), une vingtaine de pharmaciens d’Ile de France a décidé de se structurer afin d’alerter sur l’arrivée des fonds spéculatifs au capital des officines françaises. Les pratiques de prise de participation via des OCA1 sont jugées « borderline » et les conséquences désastreuses pour les pharmaciens et les patients. Les fonds spéculatifs qui ont pris possession de certains groupements approchent des pharmaciens n’ayant pas les moyens de s’installer et leur proposent des solutions de financement à un taux extrêmement élevé. En ne maîtrisant plus les achats, les pharmaciens, coincés financièrement et soumis à une pression grandissante, perdent également toute indépendance professionnelle. La stratégie prix/volume à laquelle ils sont contraints fragilise les confrères situés à proximité et réduit l’offre de soins proposée aux patients. En parallèle, les fonds exercent une pression sur les pharmacies qu’ils cherchent à racheter et regrouper afin d’ouvrir des points de vente de très grande surface (800 m2). Plusieurs pharmaciens parisiens se trouvent dans ce cas mais des projets similaires sont en cours à Lille ou Lyon par exemple.
L’ADIP et l’UNPF dénoncent ces pratiques et plus particulièrement les taux d’intérêts appliqués (8%), la possibilité pour le fond actionnaire de remplacer le pharmacien « titulaire » par un autre selon son bon vouloir, et la pression exercée sur les titulaires des points de vente qu’ils souhaitent racheter. L’UNPF dit avoir sollicité à plusieurs reprises l’Ordre et le Ministère de tutelle pour mettre en place une réglementation sur les montages financiers des officines et invite les autres syndicats et confrères à se joindre au combat. L’UNPF, qui étudie depuis plusieurs années la question du financement des officines et de la transmission générationnelle, travaille sur la mise en place d’un fond d’investissement « officinal » ouvert aux seuls pharmaciens. Pour l’UNPF, il en va de l’indépendance des pharmacies et de la libération de leur capacité d’innovation. 

Source : Communiqué UNPF/ADIP 29/05/17
Commentaire
B.A
30/05/2017
Je suis beaucoup plus inquiété par notre ennemi de l'intérieur (les discounters et les galeries des grands hyper) que par les fonds spéculatifs...A ce que je sache, ils n'envoient pas des "tueurs" pour forcer la main aux pharmaciens.. Il vaut mieux appliquer la célèbre citation de VOLTAIRE" Seigneur, gardez-moi de mes amis.Quant à mes ennemis je m'en charge!". Elle est vraiment applicable à nous depuis quelques années.
Dupont Lajoie
29/05/2017
Bonne initiative. Mais pouvez vous donner des noms, être plus précis. Ce serait bien de connaître nos ennemis, parce qu'on en entend beaucoup parler mais on est sur de rien. Quels fonds, quelles pharmacies? Et comment est ce possible de tenir de nos jours avec des taux à 8 %? Ca me parait peu probable. Ca doit être bien moins que ça en véité. Avez vous des exemples concrets? Merci d'avance.
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