Recul de la consommation de benzodiazépines

L’ANSM vient de publier son dernier état des lieux de la consommation de benzodiazépines et apparentés (anxiolytiques et hypnotiques). C’est la consommation la plus faible observée depuis 2000. La France passe désormais au deuxième rang européen après l’Espagne pour les anxiolytiques et au 3e rang derrière la Suède et la Norvège pour les hypnotiques.
13,4 % de la population a consommé au moins une fois une benzodiazépine en 2015, soit 5,7 % de moins qu’en 2012 (-12,8 % pour les hypnotiques et -3,8 % pour les anxiolytiques).
En 2015, la prévalence d’utilisation des benzodiazépines est plus élevée chez les femmes (16,6 %) que chez les hommes (9,7 %) quel que soit l’âge. Elle augmente avec l’âge pour devenir maximale chez les femmes âgées de 80 ans et plus (38,3 %). 
Les molécules les plus prescrites sont l’alprazolam (3,8 %) suivie du zolpidem (3,1 %) et du bromazépam (2,7 %) et près d’un consommateur sur deux (40 %) absorbe des benzodiazépines et un autre psychotrope, le plus fréquemment un antidépresseur (30 %).
Cette baisse de consommation s’explique surtout par le recul des consommations de benzodiazépines hypnotiques et du clonazépam, principale benzodiazépine anticonvulsivante. Les effets de la prescription sur ordonnance sécurisée de clonazépam, de durée limitée à 12 semaines et son contrôle par des neurologues ou pédiatres, ont permis d’en réduire la consommation de plus de 84 % entre 2010 et 2015. La tendance est aussi à une moindre prescription des benzos anxiolytiques à demi-vie longue au profit de celles à demi-vie courte (alprazolam et oxazépam) ce qui plutôt rassurant côté pharmacovigilance.
L’ANSM précise que les dernières données de pharmacovigilance confirment le profil de risque déjà connu de ces médicaments (affections du système nerveux, affections psychiatriques, risques accrus de chutes chez le sujet âgé, risque d’abus et de dépendance physique et psychique avec syndrome de sevrage à l’arrêt, soumission chimique, risque d’accidents de la route). A noter que toutes les benzodiazépines sont désormais classées en « niveau trois » de danger depuis le 13 mars 2017, se traduisant par une incompatibilité majeure avec la conduite automobile.
Conclusion de l’ANSM « Les résultats de cet état des lieux sont encourageants. Il est donc nécessaire de poursuivre les efforts, en lien avec les professionnels de santé, et en améliorant l’information des patients et du grand public ».

Source : ANSM 05/04  
 
Commentaire
Desfeux Franck
06/04/2017
-Si on se réjouit de la baisse de consommation de médicaments, c'est qu'ils sont nocifs, au moins dans leur utilisation. -Donc soit les prescripteurs sont des ânes, soit les gens sont des toxicos... -Dans tous les cas de figures le système à des "failles".... Parce que si les prescripteurs faisaient bien leur travail, on dirait: quelle merveille la consommation d'antidépresseurs augmente, on va avoir moins de suicides.
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