Le sort des implants Essure suspendu à un comité d’experts

Depuis 2015, le dispositif de stérilisation définitive Essure, massivement utilisé en France et remboursé par la Sécurité sociale depuis 2005, est sous surveillance renforcée de l’ANSM, suite à des signalements d’effets indésirables neurologiques, musculaires, hémorragiques et allergiques. En raison de nouvelles données disponibles (matériovigilance, étude clinique SUCCES II, étude épidémiologique de l’ANSM…), l’agence a pris la décision de constituer un Comité Scientifique Spécialisé Temporaire (CSST) pour évaluer le rapport bénéfice/risque du dispositif Essure, à partir de données techniques, de données de surveillance, de données épidémiologiques et de retours d’expériences d’utilisation du dispositif en vie réelle.
Ainsi, le Réseau d’Entraide Soutien et information sur la Stérilisation Tubulaire (R.E.S.I.S.T), le Planning Familial, l’Association Nationale des Centres d'IVG et de Contraception (ANCIC) et le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) ont partagé le 19 avril, lors d’une réunion de travail ouverte à la presse les dernières données disponibles sur les effets indésirables signalés pour l’utilisation d’Essure. 
A l’issue de ses travaux, le comité du CSST, présidé par France Lert, spécialiste de santé publique et d’épidémiologie et composé de 8 experts dont trois gynécologues et un biologiste spécialiste de la toxicité des métaux émettra des recommandations qui seront par la suite rendues publiques. 
Plus de 20 000 dispositifs sont implantés chaque année en France où, après l’âge de 40 ans, plus d’une femme sur dix recourt à la stérilisation définitive. 
On peut lire dans le Monde que « Essure fait l’objet d’une action de groupe rassemblant des milliers de plaignantes aux Etats-Unis, et l’Agence nationale de surveillance sanitaire brésilienne (Anvisa) a suspendu sa vente, sa distribution et son utilisation, en février ». Le quotidien précise encore qu’au nom du « principe de précaution », l’association Résist a demandé, en janvier, le retrait du dispositif du marché, et 3 de ses membres ont déposé plainte en décembre 2016 déclenchant une procédure de demande d’indemnisation contre Bayer HealthCare. Une décision du juge des référés du tribunal de grande instance de Bobigny (Seine-Saint Denis) serait attendue le 5 mai.


Source : ANSM 13/04/2017, le Monde 19/04/2017

 
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