Précipitation du calendrier de refonte de la politique vaccinale ?

Fin janvier, le Conseil d’Etat pourrait contraindre le gouvernement à trouver en quatre mois une solution pour « assurer la disponibilité des seuls vaccins obligatoires » contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP), introuvables depuis 2008 sans être combinés à d’autres valences. C’est la recommandation émise lundi 16 janvier par le rapporteur public pour lequel la discordance actuelle entre l’obligation vaccinale et l’impossibilité de la mettre en œuvre conduit à une situation d’illégalité.
Les juges examinaient la requête déposée par près de 2 300 personnes sous l’égide de l’Institut pour la protection de la santé naturelle (IPSN), une association de promotion des « médecines naturelles ». Le texte, qui affiche plus d’un million de signatures de soutien, dénonçait la présence d’adjuvants comme l’aluminium ou le formaldéhyde dans les vaccins non trivalents. Les requérants estiment que pour des « raisons de marketing des laboratoires pharmaceutiques », les usagers qui « veulent respecter la loi ne sont pas en mesure de le faire ». Le vaccin trivalent a été « suspendu » en 2008 en raison de « complications allergiques ». L’arrêt de sa commercialisation a obligé les parents à recourir à des vaccins combinés protégeant aussi contre la coqueluche, l’hépatite B et l’haemophilus influenzae de type b, germe responsable des méningites. Pour le rapporteur « la ministre de la santé est en capacité de prendre diverses mesures pour assurer la disposition des seuls vaccins obligatoires », notamment en demandant à l’Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus) « d’acquérir, de fabriquer ou d’importer les vaccins en cause ». Le rapporteur ne s’est par ailleurs pas prononcé sur la question des adjuvants aluminiques.
La décision du Conseil d’Etat est attendue à la fin de janvier ou au début de février. Confrontée à la difficulté d’imposer à un laboratoire pharmaceutique la production d’un vaccin trivalent pour le seul marché français, la ministre de la santé, Marisol Touraine, pourrait rapidement annoncer des suites aux conclusions du Comité d’orientation de la concertation citoyenne sur la vaccination, rendues le 30 novembre 2016. Celui-ci préconisait d’élargir temporairement l’obligation vaccinale à l’ensemble des vaccins de l’enfant, quitte à l’assortir d’une clause d’exemption pour les parents hostiles.

Source : Le Monde 16/01
 
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