Perturbateurs endocriniens et femmes enceintes, des chiffres alarmants

L'exposition prénatale aux polluants est soupçonnée d'avoir des répercussions sur la grossesse avec des risques de prématurité, de malformations congénitales ou une diminution du poids de naissance ainsi que sur le développement et la santé ultérieure de l'enfant.
Santé Publique France publie une nouvelle étude sur l'exposition aux polluants organiques de 4 145 femmes enceintes ayant accouché en 2011 en France métropolitaine. Les polluants organiques mesurés dans l'étude sont le bisphénol A, les phtalates, les pesticides et certains polluants organiques persistants (POP).
Certains polluants organiques, dont des perturbateurs endocriniens, ont été retrouvés - via des prélèvements de sang du cordon, urines, cheveux, serum - chez près de 100% des femmes enceintes participant à l'étude au moment de leur accouchement. Même si Santé Publique France souligne des concentrations mesurées légèrement inférieures à celles observées dans les études précédentes, on ne peut que s’en alarmer. 
Le BPA omniprésent dans l'environnement a été mesuré chez plus de 70 % des femmes. 
99,6 % ont été exposées à au moins un phtalate à un niveau de concentration quantifiable. La plus forte concentration concerne le DEP, un phtalate utilisé dans les cosmétiques et produits d'hygiène, en particulier. Concernant les pesticides, leur niveau de concentration est rarement quantifiable, sauf pour les antiparasitaires - les pyréthrinoïdes - retrouvés chez près de 100 % des femmes enceintes. Selon l'étude Les pourcentages retrouvés augmentent avec les usages domestiques de pesticides (insecticides, anti-poux et antipuces), la consommation de tabac et d'alcool. L'analyse suggère aussi que la présence de certaines cultures agricoles de proximité augmenterait les niveaux d'imprégnation.
En conclusion, les diminutions de concentrations observées pourraient s'expliquer en partie par la mise en place de réglementations et des réductions d'usages liées aux évolutions industrielles, mais ces mesures sont-elles suffisantes ? Certainement non. 

Source : Santé Publique France
 
Commentaire
Soyez le premier à commenter cet article
Ajouter un commentaire