Vers un allongement des études de pharmacie ?

Les enjeux d’un allongement des études de pharmacie sont nombreux : valorisation des compétences et des connaissances, meilleure préparation aux nouvelles missions de demain, et protection contre l’ubérisation de la pharmacie. Les atouts de proximité, de confiance et de connaissance client du pharmacien, ne doivent pas lui échapper et constituent le socle de la valeur ajoutée du pharmacien de demain. La robotisation, la digitalisation de la santé tout comme la complexification des nouveaux médicaments créent une nécessité de plus de contact humain et d’accompagnement du patient. Qui mieux que le pharmacien peut répondre à ce besoin? Il existe une attente forte sur l’évolution du rôle de pharmacien dont les étudiants sont aussi demandeurs. Les étudiants s’inscrivent dans la démarche de professionnels de santé avec un attachement au titre de docteur, synonyme de confiance et une réflexion sur la rémunération et l’accès aux données pour améliorer l’état de santé des patients. Selon la vision des protagonistes, la réforme des études semble se diriger vers un internat pour tous avec une durée allongée à 7 ou 8 ans qui inclut une formation sur l’approche patient et le management, en particulier. Il s’agit de se décoller le moins possible du cursus médical  dans un pays où la formation initiale est toujours mieux valorisée que de la formation continue.
Certes, il conviendrait idéalement de réfléchir d’abord aux compétences attendues du pharmacien  en intégrant le retour d’expérience des premiers étudiants sortis en juin de la nouvelle réforme incluant notamment  des cours sur l’ETP (Education Thérapeutique du Patient) mais en avons-nous le temps? Les autres professions passent à 5 ans et une réponse doit être apportée à la lettre de mission ministérielle sur le 3ième cycle reçue il y a deux semaines. Au-delà de la durée des études, les pharmaciens sont attachés à un projet professionnel construit au fil du cursus et ne souhaitent pas de classement ou d’orientation sur la base d’un classement au cours des études.

Source : Conférence congrès Nantes 22-23 octobre 2016 

 
Commentaire
bibi
18/06/2017
sera-t-elle adoptee finalement ou alors a-t-elle été abandonnee ?? (on est en juin)
alindust
02/11/2016
je propose 10 ans...qui dit mieux ? c'est un peu comme pour les fonctionnaires : on croit améliorer le service rendu en augmentant les effectifs....évidemment tout faux !
JPM
28/10/2016
D'un point de vue comptable, il y a un gros avantage: retarder de deux ans l'arrivée des jeunes pharmaciens à Pôle Emploi. D'où une baisse apparente du nombre de chômeurs. Si l'on imposait dix ans d'étude, cela serait doublement efficace. Mais...ça se verrait peut-être un peu trop? J'écris cela sans aucun cynisme personnel. Simplement en essayant de me glisser dans un costume d'énarque. Et c'est vrai, c'est un peu juste d'épaule.
RADER Serge
27/10/2016
C'est encore du n'importe quoi. Quand on sait ce que cette digitalisation va rapporter aux grandes compagnies voraces, surtout quand on observe les dérives de plus en plus grandes de la Médecine d'aujourd'hui, considérant l'individu comme un modèle universel standard alors que nous sommes tous différents et qu'elle devrait aller vers la personnalisation. De plus 8 années pour une rémunération toujours vers le bas !!! c'est surement un bon prétexte pour désertifier les facs de phcie ... dont on peut se passer. Après tout c'est bien le modèle anglo-saxon qu'on nous propose ! quant à la qualité, qui s'en soucie ? d'abord le business et le pognon. La Santé Publique, le cadet des soucis des Ministres incompétents qui se sont succédés depuis quelques décennies;
jlf
27/10/2016
PS ..."Pire, on a vu des cas de titulaires proposant des coefficients 350 à des adjoints, ce qui est en totale opposition avec la convention collective qui débute à un coefficient 400 ! », alerte Olivier Clarhaut (secrétaire fédéral de la branche officine à Force Ouvrière). Sans en arriver à ces extrêmes, les adjoints qui ont de l’expérience, et donc un coefficient élevé, ont beaucoup plus de mal à retrouver un emploi que les jeunes, qui représentent une main-d’œuvre bon marché. Extrait du " Le Quotidien du Pharmacien n°3297". CQFD : Le titulaire d'une officine va t il chercher les sur -diplômés ou les plus rentables ? ALORS 8 ANS OU PLUS ...,?
Francois-Xavier Lery
26/10/2016
"un pays où la formation initiale est toujours mieux valorisée que de la formation continue"... plutôt que d'aller toujours plus loin dans cette approche, ne faudrait-il pas se poser la question de savoir si ce choix est toujours pertinent dans une Europe où la durée des études de pharmacie en France n'est à ma connaissance pas la plus courte et où un des pays où le cursus est le plus court (Royaume Uni) semble beaucoup plus avancé que la France dans ces approches nouvelles comme l’approche patient (MUR Medicines Use Review) Ce point de vue n'engage que moi et non mon organisation
jlf
26/10/2016
L’inquiétant taux de chômage des pharmaciens adjoints atteint désormais 13 %.... Les salaires qu'on leur propose actuellement sont donc au plus bas, et parfois en dessous des seuils de la convention collective ( ce qui est proprement scandaleux) .Proposer un allongement des études va encore dans le même sens : travailler plus pour gagner moins.... Il faudra plus de 8 ans d 'études pour transformer notre pharmacien en véritable larbin du système ( agent de la sécu pour vérifier les droits des patients et ficher les médecins, surveiller les mauvais patients non observants à dénoncer à la sécu, faire des tests et analyses à la place des labos, faire les vaccins et bientôt des pansements à la place des infirmières, proposer des applis iphone, porposer des mutuelles , des lunettes, des appareils pour malentendants,Etc...sans oublier bien sûr ce qui rapporte le plus à la pharmacie, la vente de produits de régime, la para,et la gogothérapie..... 8 ans c'est vraiment trop court...
Ajouter un commentaire