Clause de conscience et conscience close

Lors d’un 1er sondage lancé par l’Ordre début 2016, 85 % des votants s’étaient prononcés en faveur de l’introduction d’une clause de conscience pour le pharmacien. C’est un sujet sensible, car cela touche aux convictions personnelles de chacun. Jusqu’ici, ceux qui voulaient faire prévaloir leur conscience en ne délivrant pas certains produits pouvaient être sanctionnés. Difficile de faire taire sa conscience quand elle vous condamne, vous diront ces derniers. C’est dans cet esprit que l’Ordre prévoit l’ajout d’une clause de conscience dans le nouveau code de déontologie. Mais certains pharmaciens estiment que cette clause sert en réalité la cause des réactionnaires de tout poil, qui refuseraient par exemple de délivrer des contraceptifs. Ceux-là avancent que le pharmacien peut d’ores-et-déjà refuser de délivrer un traitement dans l’intérêt de la santé du patient et qu’en tout état de cause c’est la volonté, ou la conscience du patient qui doit prévaloir. Ils se défendent actuellement par le moyen d’une pétition >>>. Et vous qu’en pensez-vous ? Vous pouvez également voter sur la page d'accueil de notre site.
Commentaire
Guillaume ANDRE
06/08/2016
Soit nous sommes des professionnels de santé et comme les sages femmes, les médecins, etc et on a droit à une clause de conscience. Soit on est des épiciers et puis c'est tout. Est-il plus choquant qu'un pharmacien refuse de délivrer un poison pour un IVG médicamenteux qu'un médecin refuse de le prescrire ou qu'une sage femme refuse de l'administrer ??? Enfin, malheureusement, je ne crois pas que certains soient prêts à voir les pharmaciens disposer de ce droit qui augmenterait d'une certaine façon leur statut médical. (et si un jour nous sommes obligés de délivrer des poisons lorsque l'euthanasie sera légaliser, cela serait quand bien d'avoir le droit de dire non?).
Dominique Bronner
21/07/2016
Je pense que chaque personne dans sa dignité qui en fait sa grandeur et son unicité doit être respectée La conscience fait partie de ce qu il y a de plus profond et de plus intime à chacun ; c'est là où la liberté s exerce éclairée par cette lumière un peu embrouillée mais néanmoins éclairante si précieuse à chacun pour évaluer ou envisager ses propres actes La liberté de conscience concerne chacun et chacune dans la conduite de sa vie , et bien sûr professionnelle Les pharmaciens en font partie et en plus de par leur métier accompagnent des personnes en recherche de pouvoir soigner leur pathologie Ce débat fait beaucoup de bien car il aére la maison intérieure de chacun et chacune Ces sterotypes qui qualifient de réactionnaires les personnes qui n ont pas le même avis qu elles est dépassé et blessant pour le vivre ensemble Respectons nous avec bienveillance et vérité Merci de me donner l occasion de participer vos échanges Dominique B
Olivier G
21/07/2016
Mme Maxence, ne mélangeons pas les sujets ! Ce que vous décrivez est l'impossibilité de dispenser dans de bonnes conditions compte tenu de circonstances particulières. Et non effectivement, cette dispensation telle que vous la décrivez n'est pas très professionnelle. Mais cela n'a rien à voir avec la clause de conscience qui consiste à refuser pour des convictions personnelles qui, encore une fois, n'ont à voir avec ce que vous décrivez. Vous avez toujours le droit de refuser une dispensation inappropriée (ce que vous décrivez). Ce n'est pas de la clause de conscience, c'est de la conscience professionnelle. Personnellement, je pense que dans votre situation, il y avait d'autres solutions... Et pour finir par un témoignage très personnel, je suis ravi que le médecin qui a assisté un de mes très proches jusqu'à sa fin de vie n'est pas fait état d'une clause de conscience empêchant la sédation finale et en le laissant dans ses douleurs indescriptibles! Donc je réitère et je maintiens mes propos: Quand on se revendique "professionnel de santé" on travaille en professionnel de santé... ou on va faire autre chose !!
A.B
21/07/2016
SERGE RADER, OLIVIER G et JEAN LAMARCHE ont bien répondu .La "clause de conscience" est une porte grande ouverte à l'obscurantisme .Soit on est pharmacien et mettre ses convictions au vestiaire soit on va prêcher ailleurs .
A.B
21/07/2016
Jean LAMARCHE a bien répondu .Arrêtons de fractionner notre profession selon la philosophie et la religion de chacun.Je suis sidéré de lire que 84% des pharmaciens plaident pour une "clause de conscience".C'est la porte ouverte aux sectes de toutes les sortes .Nous sommes pharmaciens et scientifiques , point.Pas de place à la morale obscurantiste .
Jean-Philippe DELSART
21/07/2016
Pourquoi réduire ce débat exclusivement aux questions de contraception ? Nous qui sommes les spécialistes du médicament, pourquoi n'aurions-nous pas des cas de conscience face à des ordonnances prescrivant des doses importantes voire massives de sédatifs ou de morphiniques pour des personnes connues et atteintes de maladies graves ? Qui n'a pas hésité un jour jusqu'à transpiré devant une prescription comportant un médicament qui commençait à être fortement déconseillé, notamment par une presse totalement indépendante ? Médiator, Nexen, Vioxx, Accomplia...ne vous ont-ils pas embarrassé, avant que ces produits soient définitivement retirés du marché ? Et aujourd'hui d'autres molécules utilisées en cardiologie, en diabéto ou psychiatrie ne sont-elles pas plus dangeureuses qu'utiles ? Quelles décisions prendre quand le prescripteur maintient impérativement sa prescription ? Dans ces conditions, quelles sont nos responsabilités et comment les assurer ? Jusqu'où peut-on accepter ces prescriptions et délivrer ce qui nous est présenté ? Le pharmacien est reconnu pour être homme de conseil et de dialogue, mais notre exercice ne saurait se pratiquer au détriment de notre souci de la santé ou de la dignité de la personne humaine. Ce ne peut être qu'au nom du pluralisme culturel qu'une clause de conscience puisse être reconnue pour notre profession, afin que chacun puisse exercer comme il l'entend selon sa conscience.
GIRAUD Geneviève
21/07/2016
Pour la clause de conscience c'est aussi une façon d'exercer sa responsabilité et exercer son professionnalisme
Vanneste L.
21/07/2016
En tant que professionnelle de santé, je participe à la santé d'autrui et d'autant plus à la vie ; que se soit pour une personne à 100 ans ou une personne à 2 jours. Il a été admis de délivrer la pilule du lendemain pour les pauvres jeunes victimes d'une mauvaise éducation, je la délivre mais pas en tant que professionnel de santé. C'est une clause de conscience qui est déjà admise.
David M.
21/07/2016
Madame Maxence, Si votre témoignage est assez édifiant, quelle recommandation préconiseriez-vous ? De refuser cette délivrance ? De courir le risque qu'une collégienne de 14 ans tombe enceinte parce qu'une clause de conscience permettrait de refuser cette délivrance ? De surcroit, faire en sorte que ce type de public n'aille plus dans une officine et perde le contact avec des professionnels de santé qui pourraient les informer sur les risques encourus et les moyens de s'en prémunir ? Créer des catégories de pharmacies " répressives " et d'autres " permissives " où se rendrait le public refoulé par la conscience des autres, ajoutant un déséquilibre dans les activités et qui finiraient par se faire taper sur les doigts par la sécu pour une sur-délivrance ? Entre autres, il y a le serment de Galien, il y a le Code de la Santé Publique, pour moi garants suffisants d'une pratique professionnelle qui va bien au-delà de nos considérations et convictions personnelles. Ça fait partie du job !
christine maxence
20/07/2016
Et si on se mettait de l'autre côté du comptoir? Vous êtes pharmaciens , mais aussi parents. Que diriez-vous si vous appreniez que votre ado de 14 ans ( qui pour vous, n'a pas d'autre loisir que la console) peut, comme je le vois malheureusement trop souventdans mon officine débarquer, à la récréation du lycée( pas du tout défavorisé où vous avez eu soin de le mettre) dans la pharmacie la plus proche du lycée ( la mienne donc) avec une bande d'autres ado, garçons et fllles mélangées, gloussant à qui mieux mieux et dont un d'entre eux a qd même le courage de réclamer la pilule du lendemain. " Pour qui?" je ne le saurai jamais , ils rient trop.. " Quand a eu lieu le rapport non protégé?" en général la réponse est :" Et bien là" ( "là, ça veut dire , depuis le début de la récré) et comme d'ailleurs" madame, faut qu'on s'dépêche, la cloche va bientôt sonner" et bien , je donne la pilule du lendemain, mais en faisant çà, cher confrère Olivier G, je n'ai vraiment pas l'impression" de travailler en professionnel de santé" comme vous dîtes, et jusqu'ici , je n'avais pas le choix...
TURPIN NICOLAS
20/07/2016
bonjour alors que je peux comprendre que l'on soit contre, j'ai du mal à comprendre la pétition... une pétition est un acte citoyen pour lutter contre quelque chose de nuisible... ok.... mais là il s'agit d'une consultation démocratique de la part de l'ORDRE... et le choix de la majorité....pourquoi vouloir renier ce que la majorité approuverait ?c'est totalement anti- démocratique.... de plus la petition est faite avant même le résultat final ça n'a aucun sens !....à ce moment là on fait des pétitions pour n'importe quoi....faisons une pétition au lendemain des présidentielles pour annuler l’élection.... ben oui si mon chouchou perd je refuse donc je demande que ce soit l'autre qui gagne... logique.....Ce sont des gamineries...C'est nul.... gardez votre énergie et exprimez vous sur le site de l'ORDRE comme tout le monde. La démocratie c'est ainsi parfois ça nous plait parfois moins.... si vous etes convanquants vous gagnerez... sinon .... vous suivrez la majorité c'est comme ça.
jean lamarche
20/07/2016
La science, il n'y en a qu'une : celle qui répond aux lois physique. La conscience il y en a autant que d'humains sur terre, elle est proche de l'intime conviction, c'est tout dire. Légifère t'on sur l'intime conviction? Nous avons prêté serment à propos du métier que nous avons choisi, commençons déjà par respecter ce serment dont plus personne ne parle.
BERNERON BERNARD
20/07/2016
N'y a t il pas dans le contexte actuel des sujets plus importants dont il faudrait s'occuper et traiter prioritairement?
RADER Serge
20/07/2016
La clause de conscience en matière de santé ne doit concerner que le citoyen dûment informé avec toute la transparence nécessaire, elle ne doit pas s'appliquer au professionnel à son service. Cela s'appelle la démocratie sanitaire.
Breteau Guy
20/07/2016
Je suis pour la liberté de conscience du pharmacien. Pourquoi cette possibilité qui est offerte aux autres professionnels de santé serait-elle refusée aux pharmaciens? Sommes-nous des robots ou des êtres de chair et de sang? Pour ma part, cela me laissera la possibilité de refuser la délivrance de toute substance qui entraine la mort.
Olivier G
20/07/2016
Cette "clause de conscience" n'a rien à faire dans notre profession ! par exemple, est-ce que le pharmacien qui refuse de donner un contraceptif par "conscience" accepterait qu'un chirurgien refuse d'opérer son enfant en urgence pour une quelconque clause de conscience ? Quand on se revendique "professionnel de santé" on travaille en professionnel de santé... ou on va faire autre chose !!
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