Vers une uberisation de la pharmacie d'officine ?

La coopérative de pharmaciens Welcoop réfléchit, au travers d’une vidéo de 15 minutes, sur ce que pourrait être la pharmacie de demain.

En introduction, un reportage fictif (et caricatural) nous présente un patient, en consultation chez le généraliste : son médecin lui propose le portage de ses médicaments à domicile. Le système imaginaire envisagé ici consiste en une plateforme prenant en charge ces demandes, et proposant par sms, ici à des étudiants en pharmacie, de jouer le rôle de « coursier ».


Va-t-on basculer sur ce type de modèle ? Xavier Pavie, professeur à l’ESSEC Business School tente de répondre à cette question. Il aborde notamment 2 aspects de ce type d’évolution : d’une part, la faisabilité réglementaire, et d’autre part, la logistique. Mais pour lui avant tout, la vraie valeur ajoutée du pharmacien réside dans le service.


« La crédibilité, la proximité et l’expérience, c’est ça qui fait le succès du pharmacien d’aujourd’hui, qui l’a fait dans son passé, et qui le fera demain » a-t-il déclaré.

 

Alors oui, l’avenir de la pharmacie est dans le service, mais avec quel modèle économique ?

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Commentaire
Eric Lenormand
11/04/2016
Il n est pas inutile à un secteur donne de regarder les possibilités offertes par le numérique. Tous les secteurs sont concernés et pas Seulement la pharmacie. Mais ne perdons pas pied : le malade ici présent, en sortant de chez son médecin, n à qu a s arrêter à 2 pas de chez son médecin à la pharmacie du coin pour s approvisionner . Et il aura le service et le sourire de son pharmacien/ pharmacienne tout en lui posant des questions qu il n aura pas osé poser à son médecin. c est la force du réseau de proximité. 2nd argument : le médecin en connaisseur des interactions chimiques? Monsieur le professeur semble méconnaître , et c est bien normal, le nombre d appels quotidiens des pharmaciens vers leurs confrères médecins pour des echanges sur la réorientation des ordonnances ...
Folco Jean-Patrice
09/04/2016
Rester libres et indépendants c'est déjà ne pas dépendre de structures comme Welcoop ou autre qui cherche à nous imposer leur vision commerciale de notre métier. C'est notre modèle économique qui est en cause parce que ce n'est pas un modèle correspondant à notre métier et comment pourrait il en être autrement quand on passe sous silence l'essentiel qui est l'accompagnement du malade. La vrai indépendance du pharmacien professionnel de santé est celle qu'il montre vis à vis du produit qu'il dispense et ce n'est pas vraiment ce que nous propose Welcoop.
GUEST Claude
08/04/2016
Avec la télémédecine le patient rentre dans une cabine, le robot l'ausculte le palpe, diagnostique, prescrit et délivre. Le malade rentre chez lui dans sa voiture télé-guidée . Au moins il n'aura parlé à personne et il gagne du temps pour aller au supermarché acheter une nouvelle tablette connectée qui donnera le suivi de son état au robot précédent qui se fera un plaisir de le re-convoquer pour lui prescrire autre chose ... Une panne d'électricité et Super-man s'élance pour le sauver
Welcoop
08/04/2016
Bonjour à tous, Pour éclaircir les choses à propos de cette vidéo, bien sûr que nous ne souhaitons pas cet avenir pour la pharmacie, c'est tout le contraire. L'idée ici est de montrer que si la pharmacie telle qu'elle existe aujourd'hui ne change pas, elle risque de se faire concurrencer par des acteurs qui ont déjà pris le pouvoir sur d'autres professions, Amazon par exemple. Nous souhaitions montrer que le pharmacien doit s'orienter vers davantage de services à valeur ajoutée pour pérenniser l'avenir de la profession. Nous ne disons absolument pas que Welcoop est un remède miracle, mais nous prenons positions POUR les pharmaciens et développons des produits et services en ce sens afin que vous restiez libres et indépendants.
olivieri hervé
07/04/2016
qu'il sagisse du portage à domicile , de livrer un colis ou de vendre des médicaments par internet et chronoposte ou fedex , cela crée une distortion de concurence préjudiciable au service de proximité que nous représantons encore!!! de toute façon welcoop et pharmagest se prennent pour les futurs "boots" français , c'est pour cela que je les ai quittés pour préserver mon indépendance et invite tous mes confrères a faire de meme!!!
Corrasion Emilie
07/04/2016
Je crois malheureusement que les personnes comme Mr Pavie sont à la botte des grands groupes type Amazone et cherchent des solutions pour contourner la loi et le système actuel ....pitoyable . De plus Mr Pavie vous connaissez piètrement la pharmacie d'officine car les services existent déjà !!! Pour une avancée quelle reculade vous nous proposez la !!!
G B
06/04/2016
Avec un tel système , il suffira pour le patient de posséder un ordinateur un iPhone ou une tablette , de scanner l'ordonnance , à moins que le médecin ne le fasse à sa place , et d'attendre d'être livré à domicile , par la poste ou un drone télécommande par le pharmacien du coin . Les conseils sur l' observance de l'ordonnance seront directement envoyés sur la boîte mail du patient qui pourra éventuellement interroger un pharmacien sur une plateforme internet . Et tout ceci , sans sortir de chez soi . On peut même envisager des consultations médicales également par internet . Autrement dit , il est inutile de conserver 22000 officines au fonctionnement coûteux . Quelques plateformes ,comme Amazon ,suffiront largement . On arrête pas le progrès . Quant au contact humain , ce n'est pas un problème majeur . Il suffit de voir les gens avec leur tablettes , ils ne s' adressent plus la parole !!! Il reste aussi la solution de la livraison avec une camionnette comme le font les boulangers dans les coins reculés de nos campagnes afin d 'approvisionner les personnes âgées réfractaires à la révolution numérique . Il faudra intégrer un module de logistique dans les études de pharmacie .Le pharmacien , travaillant derrière son comptoir , c'est bientôt de l'histoire ancienne .
Dr Gnon
06/04/2016
Les blagues c'est le premier avril mais pas que . C'est sympa , ça faisait longtemps qu'on n'avait pas entendu autant de conneries en quelques minutes , pourtant c'est la saison . Ce modèle économique est délirant pour une profession qui ne gagne plus bien sa vie , et dont la livraison n'est pas l'important de son exercice : pharmacien . Surtout au coût prohibitif de la main-d'oeuvre dans ce pays loin d'Asie , en comptant ses contrats CDI , son droit du travail , ses parkings payants ... Si ça doit nous faire peur c'est raté , on est déjà pas sûrs d'avoir un avenir à moyen terme , les GMS n'ont pas besoin de ça leurs clients vont tout seuls aux supermarchés . N'hésitez pas à faire ça , ça coûtera un paquet à ceux qui vont se lancer à faire gratuit , d'ici-là on fera un autre boulot moins chiant mieux payé ou on sera en retraite . Se la raconter est à la mode , là on frise l'entéléchie .
Folco Jean-Patrice
06/04/2016
Oui l'avenir de la pharmacie est dans le service mais avec un modèle économique correspondant à notre métier. Welcoop nous explique sa vision du métier et nous parle de consommateurs et de services pour les consommateurs pas pour les malades. Si Welcoop imagine qu'un médecin puisse proposer au malade qui vient consulter (donc qui s'est déplacé) une plateforme qui livre directement les médicaments, on peut très bien imaginer un pharmacien qui propose des sites de télémédecine à domicile aux consommateurs qui se servent chez lui. Welcoop n'a pas l'air de connaitre la législation qui différencie la livraison de médicament en paquet fermé qui ne nécessite aucune obligation d'un paquet ouvert qui nécessite la présence d'un professionnel de santé habilité à dispenser le médicament. C'est parce que le médicament est dispensé sous la responsabilité d'un professionnel de santé que la sécurité sanitaire pour le médicament est assuré. C'est le dispensateur qui assure la sécurité sanitaire en engageant sa responsabilité et non le prescripteur, L'essentiel de notre métier est la dispensation des ordonnances ou nous assurons notre rôle de conseil et de contrôle. Cette activité nous apporte 90% de la rémunération dépendante du médicament remboursable et non remboursable. Depuis plusieurs années grâce au DP, outil majeur dans le suivi de la sécurité sanitaire, nous apportons un service diminuant considérablement les risques d'interactions, service unique au monde que seuls les pharmaciens français possèdent et que malheureusement sur lequel nous ne communiquons pas. Welcoop comme d'autres enseignes ou groupement cherche à vendre sa soupe en nous expliquant qu'ils ont la martingale magique nous permettant de nous développer. Mais il ne nous propose rien de plus que les autres et sont bien incapables, comme tous les autres, de montrer comment distinguer économiquement la plus value qu'ils apportent. La pharmacie de demain sera une pharmacie destinée prioritairement aux malades et non aux consommateurs et dont la rentabilité sera dépendante de la qualité des services assurée aux malades et non de leur nombre. A titre d'exemple le chiffre d'affaires annuel moyen actuel d'un diabétique est de 1600 € par an, il est de 1300 € dans une officine assurant des services pour consommateurs et de 1900 € dans une officine assurant des services destinée à répondre aux besoins des malades. Le vieillissement de la population faisant augmenter le nombre de diabétiques le chiffre d'affaires annuel d'un diabétique sera en progression et cette progression sera essentiellement captée par les officines répondant le mieux aux besoins des malades, l'écart avec les officines assurant des services destinés aux consommateurs allant alors en grandissant.
CN
06/04/2016
Mais que peut donc connaître de la pharmacie ce Pavie professeur de l'ESSEC. Il est temps que les professionnels disent non a ces docteurs Folamour.
Le Bras Caroline
06/04/2016
Bien sûr nous devons aller chez le patient puisque le médecin n'y va plus... Et le pharmacien doit se dédoubler: Être présent à l'Officine et Aller à domicile.
turpin nicolas
06/04/2016
le système uber est la quintessence de la déliquescence de nos sociétés occidentales bourrées d'enfants gâtés-pourris où la consommation est la règle de vie numéro un. JE REFUSE CE GENRE D EVOLUTION QUI detruit A PETIT FEU NOTRE MONDE ! pour rappel uber a été condamné en FRANCE... pouquoi encore leur faire de la pub ? rien que de les citer c'est leur faire trop d'honneur ! le modèle proposé par uber est juste illégal point final ! livrer oui pourquoi pas, mais pour mes patients en accord avec eux pas sur "ordre" d'une foutue plate-forme ou sur l'indication d'un médecin alors là JAMAIS ! RÉSISTANCE !
Julie e-santé
06/04/2016
Au-delà de la livraison à domicile, la pharmacie d'officine doit proposer des services à valeur-ajoutée afin de fidéliser et surtout conserver sa clientèle
mauvoisin michel
06/04/2016
Bien sur que nous devons AUSSI livrer les medicaments. Ca me semble etre une evidence meme. Notre metier et notre vocation, c'est de delivrer les medicaments dans nos officines mais aussi au domicile du patient si necessaire. Les pharmaciens ont toujours rendu service officieusement. Pourquoi ne pas le faire officiellement ? Il ne faut pas laisser ce genre de choses a d'autres que nous, pharmaciens.
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