Déremboursement de l’olmésartan : quelles alternatives ? (Mise à jour)

Avant tout, pourquoi dérembourser l’olmésartan ? Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), l’olmésartan fait partie des mauvais élèves de la classe des antagonistes des récepteurs de l'angiotensine II (ARA II). Bien qu’il soit apte à diminuer la pression artérielle, sa capacité à diminuer le nombre d’évènements cardiovasculaires (accidents vasculaires cérébraux, infarctus du myocarde, etc.) reste difficile à mettre en évidence. D’autre part, son profil de tolérance est très en deçà des autres molécules de cette même classe, avec notamment la survenue de rares entéropathies graves. En conséquence, la HAS a attribué un Service Médical Rendu « insuffisant » à cette molécule en 2015.

D’ici 3 mois, les spécialités à base d’olmésartan sont donc déremboursées (cf. arrêté du 3 avril concernant la décision d’arrêt de remboursement de ces spécialités).

De nombreux traitements devront donc être adaptés afin de se conformer à cette disposition. Il convient de rassurer les patients, afin qu’ils n’arrêtent pas brutalement leur traitement et de les orienter vers leur médecin pour réévaluer leur prise en charge. Un arrêt brutal peut être à l’origine d’un rebond hypertensif et donc, d’un évènement cardiovasculaire.


 Alternatives thérapeutiques :

  •    - Candésartan
  •    - Eprosartan
  •    - Irbésartan
  •    - Losartan
  •    - Telmisartan
  •    - Valsartan


--- Mise à jour du 13/04/2016 ---

Le déremboursement des spécialités à base d’olmésartan prendra effet le 2 juillet prochain. A partir de cette date, toute boite délivrée de ces spécialités ne sera pas remboursée et ce, même si l’ordonnance est valide.
En conséquence, l’ANSM attire l’attention des pharmaciens sur l’importance d’informer leur patientèle sur les conséquences de ce déremboursement. Chaque patient actuellement sous olmésartan devra revoir son médecin afin que celui-ci lui propose la meilleure alternative thérapeutique possible.
 

A lire
Médicaments de l’hypertension artérielle à base d’olmésartan : Pourquoi ne sont-ils plus remboursés ? Quelle conduite à tenir ?

Déremboursement des spécialités à base d’olmésartan - Lettre destinée aux pharmaciens (12/04/2016)

 
Commentaire
J.-L. VIDAL
14/04/2016
La santé des patients est de moins en moins une priorité, si danger il y a l'effet devrait être immédiat et non dans trois mois de plus, arrêt de distribution et non déremboursement.
David M.
14/04/2016
Merci M. Pesty pour ce commentaire argumenté très intéressant.
Dr Gnon
13/04/2016
La Sécu peut s'en occuper , elle a les données et connait le médecin traitant . Les toubibs ne sont pas au courant ? Conseil , stock zéro le plus tôt possible pour éviter les périmés .
PESTY, François
13/04/2016
Comment la HAS a-t-elle pu vous apporter une telle réponse ? En réalité, les sartans ont un effet de classe. C’est que justement, contrairement aux inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC), ils n’ont pas d’effet : Ni sur la mortalité toutes causes, ni sur la mortalité cardiovasculaire, ni sur l’incidence des infarctus du myocarde. C’est ce que révèlent 5 méta-analyses, dont 4 comparatives aux IEC [1-7]. De surcroit ces méta-analyses publiées depuis 2012 (lorsque les premiers sartans ont commencé à perdre leurs brevets, les langues scientifiques se sont comme par enchantement déliées), montrent aussi que les sartans sont moins efficaces que les IEC pour diminuer le risque d’AVC ; Ils feraient jeu égal sur la réduction des insuffisances cardiaques gauche et les nouveaux cas de diabète. L’olmésartan, le candésartan et le telmisartan, sont les mauvais élèves de cette classe de cancres. Dans l’étude ROADMAP, essai randomisé, il y avait 4 fois plus de décès cardiovasculaires chez les coronariens traités par olmésartan que dans le groupe placebo ! Une raison bien plus importante de déremboursé, que dis-je de retirer l’AMM, que les rares entéropathies sévères. Le candésartan et le telmisartan sont responsables d’une augmentation des nouveaux cas de cancer ou des décès par cancer. Données convergentes : un essai clinique randomisé pour le premier (CHARM-Overall), une méta-analyses d’essais cliniques (SIPAHI, Lancet Oncology 2010) pour le second, et pour ces 2 seuls sartans, une étude cas témoins (Journal of Clinical Oncology) faite sur les 23 millions de taïwanais, qui montre un HR proche de 2 pour les nouveaux cancers avec ces deux sartans, chez 21.750 nouveaux diabétiques ayant démarré un traitement antihypertenseur entre le 1er juillet et le 31 décembre 2000 et suivi jusqu’au 31 décembre 2007 dans la base de données des assurés sociaux (Mieux que le SNIRAAM). Aussi,personnellement je dirais qu’il n’y a pas d’alternative autres aux sartans que changer de classe et de choisir des antihypertenseurs, comme les IEC, pour lesquels le bénéfice sur la morbi-mortalité est établi. En cas d’intolérance aux IEC (pour la tous, pas plus de 1 à 5%, selon respectivement les études de cohortes observationnelles ou les essais randomisés), choisir l’amlodipine (inhibiteur calcique le mieux évalué), si le patient est déjà sous diurétiques… [1] Angiotensin receptor blockers and risk of myocardial infarction: meta-analyses and trial sequential analyses of 147 020 patients from randomised trials. S. BANGALORE et al. BMJ 2011;342:d2234 Publication avancée en ligne le 24 avril 2011 : doi:10.1136/bmj.d2234 en libre accès vérifié le 09/09/2015). [2] Angiotensin-converting enzyme inhibitors reduce mortality in hypertension: a meta-analysis of randomized clinical trials of renin–angiotensin–aldosterone system inhibitors involving 158 998 patients. L. C. VAN VARK et al. European Heart Journal (2012) 33, 2088–2097 (Publication avancée en ligne le 17 avril 2012 : doi:10.1093/eurheartj/ehs075 en libre accès vérifié le 09/09/2015). [3] Angiotensin-converting enzyme inhibitors: first-line agents in cardiovascular protection? Editorial. F. RUSCHITZKA et S. TADDEI. European Heart Journal (Publication avancée en ligne le 1er juin 2012 : doi:10.1093/eurheartj/ehs108 en libre accès vérifié le 09/09/2015). [4] A Meta-Analysis Reporting Effects of Angiotensin-Converting Enzyme Inhibitors and Angiotensin Receptor Blockers in Patients Without Heart Failure. G. SAVARESE et al. Journal of the American College of Cardiology. Vol. 61, No. 2, janvier 2013 (Publication en libre accès vérifié le 09/09/2015 : http://dx.doi.org/10.1016/j.jacc.2012.10.011) [5] Angiotensin-Converting Enzyme Inhibitors (ACEIs) and Angiotensin-Receptor Blockers (ARBs) in Patients at High Risk of Cardiovascular Events: A Meta-Analysis of 10 Randomised Placebo-Controlled Trials. H. T. ONG et al. ISRN Cardiology. Novembre 2013 (Publication en libre accès vérifié le 09/09/2015 : http://dx.doi.org/10.1155/2013/478597) [6] Effect of Angiotensin-Converting Enzyme Inhibitors and Angiotensin II Receptor Blockers on All-Cause Mortality, Cardiovascular Deaths, and Cardiovascular Events in Patients With Diabetes Mellitus. A Meta-analysis. J. CHENG et al. JAMA Intern Med. Publication avancée en ligne le 31 mars 2014. (Accès au résumé vérifié le 09/09/2015 : doi:10.1001/jamainternmed.2014.348) [7] Médicaments antihypertenseurs agissant sur le système rénine-angiotensine : rappels des précautions d’emploi et des règles de bon usage - Point d'information. ANSM. 13/03/2013.
RADER Serge
04/04/2016
Toujours en retard ! il y a 1 an que cela aurait dû être fait.
Olivier G
04/04/2016
alors qu'il y a encore quelques jours, le laboratoire nous envoyait un fax pour nous confirmer que lesdites spécialités restaient remboursées....
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