Réforme de la sécurité sociale ?

Nous n’y sommes pas encore, mais 2 économistes (Antoine Bozio et Brigitte Dormont) ont rédigé dans une note pour le Conseil d’Analyse Economique des propositions pour faire évoluer le modèle actuel.
Au sein des pays membres de l’OCDE, la France se distingue par le poids des dépenses de protection sociale dans la dépense publique. Elles représentent 31,8% du PIB, soit 672 milliards d’euros. Les retraites et l’assurance maladie représentent à elles seules près de 80% des dépenses de protection sociale.
Les 2 économistes pointent du doigt la complexité du système actuel et le manque de visibilité qu’il engendre. Ils proposent ainsi une réforme ambitieuse qui repense à moyen terme l’architecture de notre protection sociale actuelle.
 
Recommandation 1
Unifier la gouvernance des régimes de retraites obligatoires. Harmoniser progressivement les règles définissant l’accumulation des droits tout en maintenant le cas échéant des paramétrages différents selon les régimes.
Recommandation 2
Unifier la couverture du risque santé (actuellement Sécurité sociale et complémentaires) pour ce qui concerne les soins du panier solidaire et recentrer les assurances facultatives sur la couverture des soins hors de ce panier.
Recommandation 3
Refondre l’architecture de la protection sociale avec un pôle non contributif (famille, maladie, lutte contre la pauvreté) intégré dans le budget de l’État et financé par l’impôt, et un pôle contributif (retraites, assurance chômage, indemnités journalières) financé par des cotisations sociales.
Recommandation 4
Réduire la dépendance à la croissance de l’équilibre de long terme du système de retraites en revenant à une indexation-salaire des rémunérations constituant le salaire de référence des pensions et en modulant le taux de remplacement par un coefficient démographique.
Recommandation 5
Instaurer une couverture publique à 100 % des restes à charge au-delà d’un certain plafond, pour la dépense reconnue. Garantir l’accès à une offre de soins à tarifs opposables sur tout le territoire.
Recommandation 6
Présenter chaque année, lors des débats budgétaires, une annexe retraçant une décomposition de l’ensemble des dépenses publiques par fonction et par risque social couvert.
 
Commentaire
DAVID Georges
21/01/2016
La protection sociale en France est une boite de pandore qui va des paiements de retraite aux français morts à l'étranger depuis longtemps, des allocations familiales versées jusqu'à 25 enfants nés en France mais n'y résidant pas (avec cumul des autres allocations sociales comme le "RSA"), tandis que les professionnels libéraux toujours en exercice après 65 ans demeurent tenus de continuer de cotiser à leur caisse de retraite sans production de droits. Avant toute réforme, une simple ménage suffirait à redresser la situation: on pourrait notamment envisager la dégressivité des allocations familiales à partir du 3ème enfant ou encore du maintien des allocations "chômage" après refus répétés d'offres d'emploi(UK), du cumul des points de retraite jusqu'à la cessation effective d'activité (Suède) et se demander comment et pourquoi la Nouvelle-Zélande qui n'a pas une démographie exemplaire parvient à dégager des excédents sociaux...et enfin s'interroger comment les 500 mutuelles françaises parviennent à engranger des bénéfices alors qu'elles assurent une couverture croissante des prestations complémentaires (près de 30% en maladie)?
MAIGNAN JACQUES
21/01/2016
la recommandation 2 permettrait d'avoir le niveau ALSACIEN pour tout le territoire,......et donc une Secu plus du tout en deficit !!!! (et le niveau MGEN et fonctionnares pour tous! egalité santé sobriété :o) )
P N
21/01/2016
unifier les régimes, c'est autant de PDG qui se ferait Hara-Kiri, faut pas rêver
Colson sylvain
21/01/2016
Rien sur l unification des régimes , un français un seul régime , solidarité égalité fraternité .on en est encore loin
jolly frederic
21/01/2016
C'est ce qu il faut faire mais personne n'aura le courage politique de mettre ce système en oeuvre parce qu'il faut ,tous,se mettre autour d'une table,discuter sans a priori et animosité,et faire avancer le processus..La société française sur ces sujets est très clivée en ce moment.
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