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samedi 4 février 2012

56 secondes
Que ce soit pour des questions sérieuses ou plus humoristiques, nous interviewons des personnalités avec qui vous travaillez. Découvrez dans cette rubrique les réponses des syndicats, des instances, des laboratoires…

Quelle est la raison de votre présence aujourd’hui sur le congrès ?
La première raison est que je suis pharmacien, et que je n’ai pas loupé un seul congrès depuis 20 ans. J’y apprends à chaque fois beaucoup. Ensuite, je suis venu également présenter mes produits. Il s’agit d’une nouvelle gamme bio, SABOUNIA. Ce sont des produits d’ALEP, qui sont les fleurons des savons. L’idée m’est venue car il s’agit de produits de qualité, authentiques et bio dont, pour moi, la pharmacie avait besoin. Qui mieux qu’un pharmacien pour présenter des produits d’ALEP ?

Comment voyez-vous l’évolution du rôle du pharmacien ?
Vaste question ! Aujourd’hui le métier de pharmacien est en train de changer. Je le vois principalement sur 2 piliers. Le premier, celui de professionnel de santé, où au travers de la loi HPST, ses missions évoluent. Le deuxième pilier est le coté commercial car une pharmacie est aussi un commerce. Je pense qu’il devra évoluer dans le sens d’une gestion des patients, les fidéliser et en capter de nouveaux. C’est notre positionnement chez Biogaran. Nous mettons en place des actions auprès du patient, pour aller dans ce sens. Le chiffre d’affaires de l’officine se fait avant tout par des patients. Nous mettons en place des actions pour les capter, et faire en sorte que les pharmacies avec lesquelles nous travaillons aient plus de trafic que leurs concurrents.

Comment voyez-vous l’évolution du rôle du pharmacien ?
C’est un métier de conseil et, par définition, un commerce de proximité. C’est le seul endroit où l’on peut avoir une délivrance de médicaments accompagnée par un professionnel de santé. Le pharmacien face à la concurrence de la grande distribution doit encore se perfectionner dans le conseil pour se différencier. Dans mon environnement de travail, c’est son atout principal, ajouté à ses qualités scientifiques.

Comment voyez-vous l’évolution du rôle du pharmacien ?
Pour nous, laboratoire pharmaceutique, il est surtout sur le conseil : se rapprocher des clients, être à l’écoute, plutôt que d’aller sur un secteur plus concurrentiel avec des marges moins élevées comme la grande distribution.

Pensez-vous que la nouvelle rémunération compensera la baisse de la marge ?
C’est une colle ! Cela, on pourra le dire en 2014, car il faut du temps pour que la mise en place se fasse. Il semblerait que cela soit pour janvier 2013, avec la nouvelle convention. C’est en tout cas ce que l’on demande. Je suis confiant malgré tout.

Par rapport aux nouvelles missions du pharmacien, quelle sera la place de la certification des logiciels d’aide à la dispensation ?
Aujourd’hui c’est ce sur quoi nous travaillons. La dématérialisation de l’ordonnance cela fait longtemps qu’elle existe et qu’elle est opérationnelle chez nous. Pharmagest va nous permettre de proposer de nouvelles activités. Nous proposerons prochainement un système qui va permettre au pharmacien d’être efficient par rapport à son patient, c’est-à-dire dans le suivi de son traitement par le médicament. Cela correspondra parfaitement aux nouvelles missions de la loi HPST. Grâce à l’informatique et aux nouvelles technologies, nous proposerons une nouvelle application : un pilulier électronique intelligent.

Comment envisagez-vous l’avenir pour les jeunes pharmaciens ?
Il y a un certain flou au niveau de la profession car elle est en pleine évolution. Au niveau de nos études, le système est en pleine refonte avec la première année commune qui, clairement, ne remplit pas son objectif. Les maquettes de deuxième et troisième années en grade licence sont bouclées au niveau national. Nous sommes en train de nous occuper du grade master qui n’a pas été modifié depuis près de 20 ans. C’est important de le faire au vu de la loi HPST et des nouvelles missions du pharmacien, qui lui accordent une place prépondérante. Le pharmacien va devenir un acteur de proximité indispensable, à nous de nous adapter et de nous investir pleinement dans ses nouvelles missions.

Quel est le sentiment de l’industrie suite aux différentes vagues de déremboursements et de baisses de prix ?
Ce ne sont qu’un ensemble de mesures de ce mauvais PLFSS. Autant l’industrie comprend qu’il y a des contraintes budgétaires qui pèsent sur les comptes publics, autant l’industrie ne comprend pourquoi elle est le bouc émissaire principal de ces demandes d’ajustements budgétaires. Elle est frappée par des baisses de prix considérables qui vont aussi d’ailleurs peser sur les officinaux. Il y a également des taxes considérables qui nous touchent, plus de 2 points d’accroissement de taxes. Tout ceci nous semble insensé. Elle est frappée par des mesures de désindustrialisation plus ou moins soutenues par le gouvernement, et qui nous paraissent incompréhensibles à l’heure actuelle.

Avec les nouvelles missions qui pourraient leur être attribuées, pensez-vous que les pharmaciens auront le temps et les moyens de s’investir dans la formation que cela exigerait ?
Le temps peut être dégagé s’il y a les moyens financiers nécessaires. Aujourd’hui le pharmacien d’officine qui est dans une situation économique difficile consacre peu de temps à la formation continue, pour lui et son équipe, peut-être à tort. Comme cette formation sera amplifiée avec les nouvelles missions, je pense que cela nécessite une réorganisation et une redistribution de ces moyens. S’il y avait des moyens complémentaires comme la FCC, cela serait plus aidant. L’outil FCC est intéressant pour les titulaires et les adjoints. Il faudrait peut-être la même chose pour les préparateurs, et ainsi pouvoir amplifier cette démarche de formation et s’inscrire dans ce mouvement indispensable pour les nouvelles missions.

Avec les nouvelles missions qui pourraient leur être attribuées, pensez-vous que les pharmaciens auront le temps et les moyens de s’investir dans la formation que cela exigerait ?
Il va falloir, avec le DPC qui va se mettre en place d’ici 2012 à 2013, une adaptation de la formation qu’on connaît actuellement. Certaines se feront sur des journées complètes, avec certains volumes de prise en charge qui nécessiteront de la disponibilité. Il y aura sûrement d’autres types de formations, par exemple par Internet. La HAS va définir des méthodes de DPC. Dans ces méthodes, il pourra y avoir des réunions avec des pairs pour discuter des cas cliniques ou encore la lecture de revues qui seraient reconnues de qualité. Ce seront donc des choses qui ne prendront pas forcément beaucoup plus de temps. Il y a des domaines où la formation initiale du pharmacien est déjà bonne. Certains points pourront nécessiter un complément de formation, comme l’approche de certains protocoles pour suivre les patients, mais peu de formation porteront sur les pathologies, car les pharmaciens ont déjà leurs connaissances acquises avec leurs pratiques. La HAS est d’ailleurs très intéressée par cette analyse des pratiques, pas uniquement par l’évaluation, dans le but de pouvoir adapter la formation à l’amélioration des pratiques.

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