Cet hiver, la grippe aura coûté quelque 220 millions d’euros à la Sécurité sociale et près de 3,5 millions de personnes auront consulté un médecin pour des syndromes grippaux. Pour l’Assurance maladie, la grippe 2012-2013 aura été la plus importante, en nombre de personnes atteintes, depuis 1989. Au-delà de ce chiffre, une réalité : la déficience du vaccin. Une évaluation du vaccin par l’ECDC (European Centre for Disease Prevention and Control) révèle que ce dernier est efficace à 50% cette année, contre 70-75% habituellement. En cause, une mutation du virus lors de la culture sur œufs des souches, avant même leur transmission aux laboratoires pharmaceutiques. L’une des trois souches présentes (A H3N2) prévue pour le vaccin ne correspondait plus au virus sélectionné. C’est une première mondiale semble-t-il.
En France, les dégâts devraient être minimes puisque ce sont les deux autres virus présents dans le vaccin qui circulaient en majorité (A H1N1 et B). Cependant, il n’est pas impossible que, d’ici quelques mois, on constate une augmentation de la mortalité des personnes âgées sur les mois d’hiver, car la souche H3N2 est généralement plus dangereuse pour ces personnes.
Source : Le Nouvel Observateur, 2 avril 2013