A l’occasion de la présentation des traditionnelles données sur la démographie pharmaceutique, Alain DELGUTTE, président de la section A de l’Ordre des pharmaciens, a dévoilé les résultats d’une étude sur les 500 dernières fermetures d’officines. Premier constat, les fermetures d’officines se sont accélérées depuis 2003. Ainsi, entre 2003 et 2007, une quinzaine de pharmacies fermaient chaque année. Entre 2008 et 2010, la fréquence s’est accélérée avec la disparition de 50 pharmacies par an. Depuis 2010, tous les ans, une centaine d’officines mettent la clé sous la porte.
Au-delà de cette observation, l’Ordre note que toutes les régions sont concernées par les fermetures de manière différente. La Haute-Normandie et l’Ile de France sont les plus touchées avec, respectivement, la fermeture de 5,5% et de 4% des pharmacies. En revanche, la région PACA et l’Alsace tirent leur épingle du jeu avec 0,2% des pharmacies fermées. Plusieurs facteurs permettent d’expliquer ces différences : l’implantation différente des pharmacies, la surdensité en officines, l’évolution démographique ou encore le zonage démographique différent.
L’Ordre observe également que l’ensemble des fermetures ont eu lieu dans une zone surnuméraire au regard des quotas démographiques, soit parce que la commune comprend moins de 2 500 habitants, soit parce qu’elle a perdu des habitants, soit parceque les pharmacies sont en surnombre par rapport aux quotas. Au total, 29% des pharmacies ont disparu dans des communes de moins de 2 500 habitants et 51% dans des villes de plus de 10 000 habitants. 35 communes ont définitivement perdues leur seule officine.
Ces fermetures se sont faites selon 4 modalités :
- 45% par cession de clientèle,
- 36% par restitution volontaire de licence,
- 10% par regroupement,
- 9% par liquidation.
L’Ordre n’a pu mettre en évidence de lien entre les fermetures et la taille de l’officine, le mode d’exploitation ou encore le nombre de pharmaciens présents. En revanche, les pharmaciens concernés évoquent le départ d’un prescripteur, vers une maison de santé par exemple, le contexte économique général et de l’officine en particulier, les restructurations urbaines ou encore des problèmes de gestion propres à la pharmacie.
Face à cette tendance inquiétante, l’Ordre des pharmaciens interpelle les pouvoirs publics pour « inclure véritablement le pharmacien dans l’analyse de l’offre de soins au niveau territorial ».
Source : Ordre des pharmaciens, 13 juin 2013