Les étudiants du master Marketing de la Santé de l’Université Pierre et Marie CURIE ont réalisé une étude sur les prix des médicaments et les consommateurs entre janvier et mars 2012. Connaissance des prix, aptitude à considérer les différences de prix et comportement ont été parmi les critères analysés par cette étude, menée pour la partie qualitative sur 150 personnes interrogées et pour la partie quantitative sur 552 personnes. Il en ressort que pour les Français, la santé n’a pas de prix, même si elle prend une part importante de leur budget. Ainsi, 90% des personnes interrogées considèrent que les produits de santé sont assez chers, en particulier la parapharmacie. Cependant, peu ont déjà renoncé à l’achat d’un médicament remboursé (25%) contrairement aux produits de parapharmacie (71%) ou à l’OTC (38%). Il y a également une mauvaise connaissance des prix des médicaments, notamment ceux sur ordonnance et remboursés (86% ne demandent jamais le prix du médicament remboursé) ainsi que celui de notre système de santé (remboursement, vignette, etc.). Sur les prix, les femmes se montrent plus attentives que les hommes. Sur les produits OTC, il ressort que le prix intervient uniquement en 3ème position parmi les critères décisionnels à l’achat. Bonne nouvelle pour les professionnels de santé puisque la prescription du médecin et les conseils des pharmaciens arrivent en premier lieu (60% pour le conseil du pharmacien en OTC). A noter également que la comparaison des prix entre peu dans les habitudes du consommateur puisque seuls 32% déclarent comparer les produits OTC au sein d’une même pharmacie, et 18% entre plusieurs pharmacies. Par ailleurs, pour l’achat des produits en parapharmacie, malgré le fait qu’ils considèrent les prix plus chers en officine, les consommateurs les privilégient à 63% pour bénéficier du conseil des pharmaciens. Concernant la partie quantitative de l’étude, elle met en avant le rôle prépondérant du pharmacien. Le choix de l’officine se faisant selon la proximité, l’habitude et le conseil. Par ailleurs, concernant l’efficacité et le prix, 63% des interrogés estiment que le prix est lié à la marque et non à l’efficacité. Conscients des variations de prix, ils jugent « les prix les plus chers comme étant les moins justifiés », mais les différences n’ont pas un grand impact sur l’intention d’achat. Enfin, l’étude dresse quatre profils de consommateurs types. Tout d’abord « les sceptiques » qui représenteraient 13%. Ce sont majoritairement des hommes qui achètent peu, ne portent pas attention au prix, ne les comparent pas, mais considèrent payer la marque. Puis il y a « les convaincus » représentant 12%. Ces consommateurs considèrent que le prix, c’est la qualité et se rendent fréquemment en pharmacie. Puis viennent « les méfiants », qui généralement vivent en milieu rural, sont attentifs aux prix, n’ont pas de mutuelles et arrêtent leur traitement dès qu’il n’est plus remboursé. Enfin, le dernier profil est celui des « vigilantes », profil féminin, sensible aux variations des prix mais cela est sans influence sur l’achat, le prix justifiant de la qualité. Ces femmes vivent généralement dans les grandes villes.
Source : Université Pierre et Marie Curie, 15 mai 2012